Cavalier, Ligbi/Senufo, Côte d’Ivoire

Début du XXe siècle
Bois
36,5 cm

Provenance

Adrian Schlag, Bruxelles
Galerie Philippe Ratton, Paris
Collection privée, Paris
Dalton Somaré, Milan
Collection privée, Milan

Publications et expositions

Sénoufo, Galerie Olivier Castellano, Paris, 2014, pp. 88–89
La région lagunaire, Adrian Schlag, Parcours des Mondes, 2016, pp. 62–65


Provenance

Adrian Schlag, Bruxelles
Galerie Philippe Ratton, Paris
Collection privée, Paris

Publications et expositions

Sénoufo, Galerie Olivier Castellano, Paris, 2014, pp. 88–89
La région lagunaire, Adrian Schlag, Parcours des Mondes, 2016, pp. 62–65

Art Senufo et influence Ligbi

La sculpture Senufo de Côte d’Ivoire représente l’une des expressions les plus dynamiques et rythmiques de l’Art Africain. Les figures de cavaliers, diffusées dans l’aire Senufo et adoptées également par les Ligbi, constituent un thème iconographique relativement rare, mais d’une grande force symbolique.

Chez les Ligbi, ces représentations sont moins fréquentes que dans la production Senufo, tout en montrant une claire affinité stylistique. Ces figures, appelées syonfolo ou fanhafolo, peuvent être interprétées comme des « maîtres du cheval » ou des « détenteurs du pouvoir ». L’introduction du cheval en Afrique occidentale, à partir du VIIIe siècle, transforma profondément l’organisation militaire et politique, faisant du cavalier un symbole d’autorité, de prestige et de domination.

Dans la région Senufo, ce thème se développa notamment pendant les incursions des armées de Samori Touré au XIXe siècle. Même après la fin de ces événements, l’image du cavalier continua d’évoquer pouvoir, violence et nécessité de défense, mais aussi prospérité, car la possession d’un cheval était réservée à un nombre restreint d’individus.

Selon la tradition, le cavalier est également associé aux génies de la brousse, entités invisibles et puissantes qui se manifestent la nuit. Posséder une figure de ce type indiquait le prestige et le succès d’un devin dans sa pratique. Du point de vue formel, la sculpture se distingue par un rythme continu des formes : les lignes fluides et la construction harmonieuse des volumes créent une composition dynamique où le cavalier et le cheval se fondent en un même mouvement.

Patine et présence

La patine noire et onctueuse accentue la continuité des surfaces et confère à la sculpture une qualité visuelle vibrante, presque en mouvement.

Contexte et collectionnisme

Les figures de cavaliers Senufo et Ligbi sont aujourd’hui particulièrement appréciées pour leur rareté et pour leur capacité à synthétiser pouvoir, histoire et symbolisme dans une forme hautement expressive.